Open/Close Menu Cabinet d'avocats Casablanca Maroc

Dans le cadre du transport maritime international, il n’est pas rare que les opérateurs économiques — importateurs, industriels ou transitaires — se retrouvent confrontés à des factures de surestaries émises par les armateurs, notamment les grandes compagnies telles que Maersk, MSC ou CMA CGM.

Ces montants, souvent significatifs, sont généralement présentés comme étant dus de plein droit. Pourtant, une analyse juridique rigoureuse révèle que, dans de nombreux cas, ces surestaries peuvent être valablement contestées, voire totalement remises en cause.

La contestation des frais de demurrage ne relève pas d’un simple désaccord commercial. Elle repose sur une compréhension fine des mécanismes contractuels du transport maritime et sur une analyse précise des circonstances ayant conduit à l’immobilisation du navire ou du conteneur.

Une obligation contractuelle strictement encadrée

Les surestaries trouvent leur fondement dans le contrat de transport ou d’affrètement. Elles visent à indemniser l’armateur lorsque les opérations de chargement ou de déchargement dépassent le délai convenu, appelé « laytime ».

Toutefois, cette indemnité n’est exigible que si certaines conditions sont réunies. Encore faut-il que le point de départ du laytime ait été valablement fixé, ce qui suppose notamment la délivrance d’une Notice of Readiness régulière, et que le retard soit effectivement imputable au destinataire ou à l’affréteur.

Dans la pratique, ces conditions sont loin d’être systématiquement respectées. De nombreuses facturations reposent sur des interprétations extensives, voire contestables, des stipulations contractuelles.

L’importance déterminante de l’analyse contractuelle

La première étape consiste à identifier avec précision le cadre contractuel applicable. Selon les opérations, il peut s’agir d’un connaissement maritime, d’une charte-partie ou encore des conditions générales de l’armateur.

Une lecture attentive de ces documents permet souvent de mettre en évidence des éléments déterminants : modalités de calcul du laytime, jours exclus, clauses relatives à la congestion portuaire ou encore conditions de validité de la Notice of Readiness.

Il est fréquent de constater que les surestaries sont réclamées sans que ces paramètres aient été correctement appliqués. Dans ce cas, la contestation repose sur une base juridique solide.

La question centrale de la responsabilité du retard

Un principe fondamental gouverne les surestaries : elles ne sont dues que si le retard est imputable au client.

Or, dans de nombreuses situations, l’immobilisation de la marchandise ou du navire résulte de facteurs extérieurs, tels que la congestion portuaire, les lenteurs administratives, les blocages douaniers ou encore des difficultés bancaires retardant le dédouanement.

Dans ces hypothèses, il devient possible de démontrer que le client n’a commis aucune faute et que la facturation des surestaries est injustifiée.

Une stratégie juridique structurée

Contester une facture de demurrage nécessite une approche méthodique. Il ne s’agit pas de refuser le paiement de manière informelle, mais d’élaborer une véritable stratégie juridique.

Cette démarche implique une analyse complète du dossier, incluant les documents contractuels, la chronologie des opérations portuaires et les échanges avec les différents intervenants. À partir de cette analyse, une position juridique argumentée peut être formulée et opposée à l’armateur.

La rédaction d’une contestation formelle constitue souvent une étape décisive. Lorsqu’elle est solidement construite, elle permet non seulement de suspendre la pression commerciale, mais également d’ouvrir la voie à une négociation.

La négociation avec les armateurs : une pratique courante

Contrairement à une perception répandue, les compagnies maritimes ne sont pas systématiquement fermées à la discussion. Lorsqu’une contestation est sérieuse et juridiquement étayée, elles peuvent accepter de revoir leur position.

Dans la pratique, il est fréquent d’obtenir des réductions substantielles, voire des abandons partiels de créance, notamment lorsque le dossier met en évidence des irrégularités ou des circonstances exonératoires.

Cette phase de négociation constitue souvent l’issue la plus efficace, à condition d’être menée avec rigueur et crédibilité.

Une réalité fréquente dans les ports marocains

Au port de Casablanca, les litiges liés aux surestaries sont particulièrement fréquents. Les retards de dédouanement, les contraintes bancaires ou encore les congestions portuaires génèrent des situations complexes dans lesquelles la responsabilité du client est loin d’être évidente.

Dans ce contexte, une intervention juridique permet souvent de rétablir l’équilibre contractuel et de réduire significativement l’impact financier des surestaries.

Les surestaries ne constituent pas une obligation automatique. Elles s’inscrivent dans un cadre contractuel strict dont les conditions d’application doivent être rigoureusement vérifiées.

Une approche juridique structurée permet, dans de nombreux cas, de contester leur bien-fondé, d’en réduire le montant ou d’en obtenir l’annulation.

Dans un environnement maritime de plus en plus exigeant, la maîtrise de ces mécanismes représente un enjeu stratégique majeur pour les entreprises engagées dans le commerce international.

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